Les charentaises resteront françaises !

Rivalin s’est associée à deux autres fabricants de charentaises afin de racheter les actifs de La Manufacture Charentaise. Cette dernière n’était autre que le fabricant des pantoufles Rondinaud. Voici l’interview de Vincent Rivalin par Ouest-France dernièrement dans l’Atelier.

 

 

Des machines essentielles pour la perpétuation du savoir-faire

En effet, La Manufacture Charentaise (LMC) a été déclarée en liquidation judiciaire le 15 novembre dernier. Une offre de reprise a bien été proposée, mais elle n’avait pas convaincu le juge. Il a ordonné la mise aux enchères de tous les actifs de cette société.

Rivalin, Fargeot et l’Atelier Charentaises (dont l’un des dirigeants est Olivier Rondinaud, le petit-fils du fondateur de LMC) se sont donc regroupés pour proposer une offre de reprise commune. Le principal enjeu était de récupérer des machines particulières servant à la fabrication des charentaises. Ces machines, qui ne sont plus produites, sont désormais introuvables sur le marché. Les 3 entreprises redoutaient qu’elles tombent entre les mains d’un opérateur étranger… qui aurait acquis avec elles un savoir-faire franco-français unique.

Mais ce scénario redouté ne s’est pas produit. Les 3 mousquetaires de la charentaise ont remporté les enchères. Ils se partageront les machines et les matériaux de LMC. La technique unique du « cousu-retourné », consistant à coudre et monter la semelle à l’envers, avant de la retourner, restera donc en France.

La couture selon le procédé du cousu-retourné dans l'atelier de fabrication des charentaises Rivalin

Des charentaises bien bretonnes

Rappelons que les charentaises sont nées dans la région d’Angoulême, en Charente (d’où leur nom), à la fin du 17e siècle. À l’origine, elles étaient fabriquées avec les chutes du feutre utilisé pour produire les uniformes des soldats. On les glissait à l’intérieur des sabots pour en augmenter le confort. Les sabots offrent une excellente isolation, et par le passé, ils étaient très prisés dans les régions humides, dont la Bretagne.

Cela a donné naissance à une industrie bretonne de la charentaise, respectant la technique du cousu-retourné. L’appellation « charentaise » désigne donc le chausson traditionnel issu de ce procédé de fabrication. Ainsi, de même que le savon de Marseille n’est pas forcément produit à Marseille, les charentaises ne sont pas forcément fabriquées en Charente ! Qu’on se le dise : les charentaises Rivalin sont bretonnes et fières de l’être !

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