29/09/2006 : La société Rivalin entreprise du patrimoine vivant !

La « Charentaise », la vraie, se fabrique à Quimper. La société Rivalin est la dernière en Bretagne à monter cette bonne vieille pantoufle selon la technique du cousu retourné. Et à l’avoir relooké. Elles ne seraient plus que six en France.

« Il y avait Dior, Hermès, Givenchy, Chaumet… Avec la “Nuit de l’entreprise du patrimoine vivant” et le nouveau label nous sommes sortis de l’ombre, on se sent un peu plus soutenu », dit Christine Rivalin, gérante de la discrète petite entreprise installée dans deux ateliers, impasse Le Noac’h.

Émile Tréhout en 1923

L’activité de sabots avait été créée en 1923 par Émile Tréhout. Dans les années 60, Paul Rivalin y avait ajouté la fabrication de pantoufles. Depuis 1984, Gérard Rivalin puis son épouse Christine, dirige la petite entreprise familiale. De 85 salariés au début du XXe siècle, Rivalin est passé à 49 puis à douze aujourd’hui. « Avec la concurrence des pays à bas coût, les gros faiseurs en France, qui produisaient du bas de gamme, ont fermé. Aujourd’hui, nous avons encore la chance de vendre un produit, pas un prix » commente la gérante

Ici pas de plastique injecté, la semelle est en feutre. Pas d’acrylique à l’intérieur non plus, mais de la laine. Rivalin n’a plus de concurrence en Bretagne pour fabriquer la « Charentaise » cousue retournée, dont la forme à la particularité de n’avoir ni pied gauche, ni pied droit.

Charentaise relookée

L’indémodable tissu écossais, 80 % des 450 paires qui sortent chaque jour de l’atelier, fait aujourd’hui une petite place à une Charentaise plus moderne, unie, en fausse fourrure, d’aspect Dalmatien ou encore Léopard, conçue par Christine Rivalin. La Charentaise s’affiche rayée aussi, puisque Rivalin est le façonnier des pantoufles Armor Lux. « La Charentaise est un produit supersimple. Pour la faire, c’est supercompliqué, tout le savoir est au montage », explique Jean-Jacques Le Goff, responsable de la production. Chez Rivalin, une ouvrière maîtrise la technique du cousu retourné, un piquage quasiment à l’aveugle, à l’expérience, sur une machine datant des années 1950.

Rupture de stock… d’aiguilles

« Il faut des années pour former à cette technique, c’est très complexe pour une petite société comme la nôtre » note Christine Rivalin. Autre difficulté, « les machines neuves n’existent plus et celles d’occasion sont rares. Quand une machine tombe en panne, il faut faire fabriquer la pièce détachée. Nous sommes tombés en rupture d’aiguilles. Une entreprise a accepté de nous en faire, mais il fallait en commander 15.000 ! Heureusement, finalement nous avons réussi à en trouver » précise Jean-Jacques Le Goff. Autant dire qu’avec ses Charentaises, Christine Rivalin mesure toutes les difficultés du chemin à venir. Il n’empêche, la relève arrive. Le fils, Vincent, se prépare à former la quatrième génération. Le label de l’entreprise du patrimoine vivant montre qu’on existe » dit Christine Rivalin.

2013-05-16T16:55:04+00:00 15 mai 2013|0 commentaire

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